

I n t r o d u c t i o n
LES LIMITES DU LANGAGE PHILOSOPHIQUE ET DES SAVOIRS TRADITIONNELS.
Finalité particulière de la Philosophie générale.
Le nom même de philosophie laisse entendre qu'elle n'est pas une fin en soi. Socrate, avec son bon sens "harcelant", disait alors que le philosophe ne peut posséder la sagesse
puisque "philosophe" veut dire qui aime ou qui recherche la sagesse.
Aujourd'hui que la philosophie s'est divisée en branches, les diverses disciplines qui la constituent ont gardé ce caractère de n'être pas des fins en soi. La logique ne devient féconde qu'en se heurtant aux illogismes de l'existence réelle. Le principe d'identité, en soi pure tautologie, ne devient pensée réelle que devant une existence contradictoire ou même changeante.
La Philosophie des sciences ne nous fait rien connaître par elle-même, et par elle-même ne nous donne ainsi aucune puissance d'agir. Son aboutissement est dans le laboratoire du savant et le chantier de l'ingénieur. L'Esthétique en soi, ne contient rien de beau. Sa fin, son accomplissement est dans la création et le jugement artistique. La Morale comme telle, n'a aucun contenu moral. Elle ne le trouve que dans l'activité d'un homme vivant.
Ainsi, dans ces trois exemples : Philosophie scientifique, esthétique et morale, il est clair pour chacun, que nous sommes en présence de langages spéciaux dirigés vers des fins "autres" que verbales. Ces trois grandes formes du "Discours Philosophique" réclament pour s'accomplir trois sortes d'actes humains. Actes, non plus simples discours, mais où corps et pensées sont à la fois engagés.
Euromarkt
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T h è m e s d u C a f é Ph i l o...
Le Café Philo a lieu tous les dimanches de 18 h à 20 h au 50 bd de la Bastille.
L'ARTISTE DONNE-T-IL QUELQUE CHOSE ?
DEFINITIONS
Au sens grec (tèckne) l'art est, selon Aristote, une activité qui produit quelque chose qui s'ajoute à la nature, une habiliité acquise par apprentissage, sur des connaissances empiriques (Art de la Physique). Etymologiquement, renvoie donc à l'idée de s'avoir faire.
L'artiste est un individu faisant " oeuvre ", cultivant ou maîtrisant un " art ", un " savoir ", une " technique ", et dont on remarque entre autres, la créativité, l'originalité de sa production ou même de ses gestes. Ses oeuvres sont source d'émotion, de sentiment, de réflexion, de spiritualité, ou de transcendance.
Pour d'autres, l'artiste est quelqu'un qui voit mieux que les autres.
Dans le langage courant " l'artiste " est parfois considéré comme rebelle, fou, marginal, rêveur, quelque peu à côté de ses pompes...
Pour le distinguer de l'artisan on parlera (dès le XVIII ième siècle) d'une personne qui possède un savoir-faire appartenant aux Beaux-Arts...
Quels sont les arts ?
La peinture, le dessin, la musique, l'écriture, la danse, le chant, et aussi la sculpture ; mais que dire de l'ébénisterie, la ferronnerie, l'architecture, ce sont des formes d'art... sans parler du septième art.
Il est difficile de faire la différence entre artiste et artisan, car tout artisan est en soi un artiste.
L E S P H I L O S O P H E S
Essentiellement BERGSON.
Pour lui, c'est la façon de percevoir les choses qui différencie l'artiste du vulgum pecus : "Qu'est-ce que l'artiste ? C'est un homme qui voit mieux que les autres car il regarde la réalité nue et sans voiles. Voir avec avec les yeux du peintre c'est voir mieux que le commun des mortels. Lorsque nous regardons un objet, d'habitude nous ne le voyons pas, parce que ce que nous voyons, ce sont les conventions interposées entre l'objet et nous ; ce que nous voyons, ce sont des signes conventionnels qui nous permettent alors de reconnaître l'objet et de le distinguer pratiquement d'un autre, ,pour la commodité de la vie. Mais celui qui mettra le feu à toutes ces conventions, celui qui méprisera l'usage pratique et la commodité de la vie, et s'efforcera de voir directe ment la réalité même entre elle et lui, celui-là sera un artiste."
Bergson oppose la "vision" de l'artiste au "regard" des "humains ordinaires" pour qui les conclusions pratiques s'interposent entre "l'objet" et nous. L'artiste, lui, "voit" mieux, car il est débarrassé de ces conventions des "préjugés" ... Il entre en contact "direct" avec "la réalité". Il atteint ainsi l'objet tel qu'il est réellement dans son essence.
Dans sa propre définition de l'artiste, Bergson ne se réfère jamais aux notions de création, de sentiment, d'émotion, d'oeuvre, de production, d'invention et
d'imagination. Il pose ainsi pour unique critère de distinction entre l'artiste et l'individu ordinaire, une différence dans la perception. Mais en fait sentiments et émotions sont en soi une façon de percevoir.
"Lorsque Bergson fait allusion à la reconnaissance de l'objet, il pense aussi à la reconnaissance de l'art par la beauté de son expérience et de sa création".
On peut alors considérer qu'un artiste grâce à sa folie apparente, lui permet justement de toucher la réalité moeux que personne. Est-ce que dans l'extase artistique la plus débridée, nous touchons au plus près, le réel "but" ?
Pour Bergson appartient par définition à "l'avenir".
Les thèses de PLATON sur l'artiste.
Selon Platon (République X) l'oeuvre occupe le troisième degré et cela à partir du monde intelligible du "réel", le degré intermédiaire étant occupé par le monde matériel. En peignant (par exemple) des arbres matériels, lesquels ne sont que la "copie" dans le monde sensible de "l'idée de l'arbre", l'artiste effectue une copie d'une copie qui nous éloigne de la vérité et du réel.
RIMBAUD déclare que "le poète doit se faire -Voyant- ".
Pour KANT, l'objet en soi reste insaissisable, parce que nous ne le percevons toujours que de notre point de vu... "le trouble de la vision" est constitutionnel chez l'individu ordinaire comme chez l'artiste.
EXEMPLES de tentatives de renouveau :
* La tentative cubiste portée par Picasso et Bracque, ne cherche à représenter un objet simultanément sous tous ses angles, c'est-à-dire "plus complétement", "plus réellement" que la peinture figurative classique.
* Les couleurs hallucinatoires classiques.
* Les chimères de Jérôme Bosch.
* L'impressionisme.
CONCLUSION
En fait, l'individu ordinaire voit des choses le côté concret à savoir son utilité, l'usage que l'on peut en faire, fait... par exemple : une "table" sert à prendre les repas... l'artiste, lui, y verra le côté convivial de la communion... comme si son regard passait au travers ou au-delà de l'objet... il donne ainsi aux choses une dimension différente.
L'artiste a une sorte de "vision" spirituelle du concret, même dans l'art figuratif, comme par exemple les tableaux des peintres portraitistes italiens ou flamands,
provoque une émotion indiscutable bien qu'elle soit totalement figurative (et
malgré la précision infini du détail) parce que leur peinture malgré les apparences reflète non seulement le corps et les formes de leur modèle, les plis du tissu, les dentelles... mais aussi leur âme... c'est tout le talent, tout le génie... l'artiste transgresse le conventionnel... il dévoile ce que cache le "visible".
Dans l'art contemporain ou moderne, l'artiste peint ou écrit les choses comme il les ressent.
L'artiste ne voit pas forcément mieux, mais il apporte une dimension différente qui permet une certaine forme d'évasion.
Mais l'artiste peut aussi être dénonciateur d'abus, témoin d'exaction comme par exemple Guernica, ou les poètes dits "engagés", on pense à Neruda...
Les artistes sont porteurs d'espoir.
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Le réel se réduit-il à ce que l'on perçoit ?
D é f i n i t i o n s
L E R E E L .
C'est ce qui existe vraiment... ou qui a existé et qui s'oppose au rêve et à l'illusion.
Quelque chose qui existe en soi, indépendemment de moi, et qui m'envoie telle ou telle sensation perçue.
Le réel est considéré comme un concept objectif, absolu :
" Soit ce quelque chose est réel... soit il ne l'est pas "
* Le réel est concret, physique, visible ou invisible, capté par les cinq sens.
* Le réel peut-il être visible et impalpable, ressenti de l'intérieur (sentiments, idées,pensée) ?
* On oppose en général à cette réalité, l'apparence.
* Mais l'apparence peut-elle être vrai... ? On dira : un tel à l'air honnête.
* La réalité peut-être fausse... ? On dit que l'habit ne fait pas le moine.
P E R C E P T I O N .
P E R... ne veut pas dire à travers, mais "parfaitement", et aussi "complètement".
...C E P T I O N a pour origine 'capere', c'est-à-dire 'prendre'.
La perception est donc ce que nous captons immédiatement par les sens, ce qui nous apparaît de la réalité. (Par exemple je vous vois et j'ose espérer que vous n'êtes pas une illusion... encore que...)
On distinguera la perception que l'on se fait du monde "extérieur" et la perception qui se fait en nous, dans notre "monde intérieur".
La perception permet d'accéder au REEL.
C'est grâce à la perception que la réalité nous apparaît, et le plus facile à percevoir c'est le concret.
* Je me cogne à un pied de table et je me casse un orteil, c'est concret ; la radio confirme la fracture, la douleur me confirme que je me suis bien heurtée à quelque chose de palpable et de dur. Ce n'était pas une apparence !
* Quand on ouvre les yeux, la réalité des choses s'impose à nous.
* Percevoir, c'est aussi pouvoir se faire une opinion.
COMMENT perçoit-on ?
* Pour percevoir, un individu organise dans son esprit - selon certaines règles - la diversité des données perçues. La perception se fait toujours du point de vue du sujet... Elle ne donne accès qu'à des connaissances subjectives... ce qui n'exclut pas qu'elle donne accès à la connaissance ou à la vérité...
* Prenons l'exemple de la vue : l'objet s'inscrit sur la rétine, qui la transmet au cerveau, qui interprète ce que l'oeil lui a transmis, il y a donc : identification, assimilation, interprétation, en quelque sorte une 'digestion'...
- soit par reconnaissance de ce que l'on a déjà vu,
- soit construction d'un élément nouveau que l'on assimile à sa manière à soi...
* Nous percevons par les cinq sens... donc ce que je "vois"... ce verre de bière... je l'interptète aussi par rapport à la palpation, l'odorat, le bruit que l'objet peut émettre si je tape dessus, éventuellement son goût... Je sens, je respire, un courant d'air, par ma peau, mes poumons...
* Mais nous ne percevons pas que par les cinq sens très bien définis ; nous percevons aussi par tout notre corps, tout notre "être" : un air de musique nous fait danser.
* La perception n'est pas un acte de pensée, de souvenir ou d'image, ni un signe, mais ce sera grâce à la pensée, le souvenir ou l'image, que la perception sera interprétée.
* Nous percevons les choses dans leur environnement. Et nous avons la capacité de les "détacher" de leur environnement.
L E S L I M I T E S .
* La perception peut ne saisir qu'un aspect, qu'un profit, qu'un côté de la chose.
* Notre vision bute contre les murs, se bornant à l'horizon...Ce qui s'étend au-delà d'une certaine distance, se distingue de moins en moins, au fur et à mesure de l'éloignement d'autant plus s'il y a de la brume...
* La réalité peut être D E F O R M E E :
-- Exemple classique du bâton bien rectiligne, plongé dans l'eau et qui paraît être une ligne brisée.... les sens peuvent donc nous
tromper et déformer le réel.
-- Le soleil "semble" tourner autour de la Terre.
-- L'arc-en-ciel nous prouve que la lumière n'est pas blanche.
-- Les OVNI.... une réalité qui nous échappe.... ininterprétable dans le cadre de nos connaissances actuelles !
-- Les malvoyants et les malentendants perçoivent tout à fait différemment de nous et perçoivent beaucoup plus de choses que nous.
INTERPRETATION de ce que les sens nous transmettent.
Donc ce que l'on perçoit, par les différents sens, est transmis au cerveau, qui en fait son INTERPRETATION...
Il y a les risques d'erreur :
* On voit des étoiles dont on sait qu'elles n'existent plus...
* Comment être certain que notre interprétation est la bonne?
* Exemple évident des témoignages qui sont souvent différents ou contradictoires... pour une même scène de vue.
* N'y a-t-il pas d'autres interprétations possibles ?
* Y a-t-il plusieurs réalités ? Plusieurs vérités ?
On peut interpréter par déduction : la présence de fumée laisse supposer qu'il y a le feu..., le roseau qui plie, les feuilles du chêne qui s'agitent sous la force du vent...
Il y a les mauvaises perceptions :
-- Les troubles sensoriels d'origine physique ou psychique.
-- Percevoir par rapport à ce que l'on croit, c'est l'obscurantisme.
-- Prendre ses désirs pour des réalités... serait plutôt de la naïveté.
-- Percevoir sans aucune objectivité cela relève de la mauvaise foi.
-- Ou tout simplement être sous influence aveugle... incapable de discernement personnel... c'est de l'addiction.
HALLUCINATION du domaine de la pathologie c'est une psychose
Nous ne faisons que la citer pour dire qu'elle est différente de la mauvaise perception, c'est une fausse représentation mentale, que l'on aurait tort de prendre pour une perception, c'est un peu "le comble de l'illusion" !
Que faire des SENTIMENTS, c'est-à-dire notre sensibilité intérieure
* Sentiments, idées, pensées, tout cela est bien réel, et pourtant ne se voit pas.
-- Une peine de coeur fait souffrir dans son corps... On pleure, on a mal dans sa chair, autant que la fracture d'un orteil... Ne dit-on pas que le coeur "saigne"...
-- La perception en soi, elle, "n'éprouve rien" ; elle est insensible et c'est la façon dont on la perçoit qui nous fait réagir et qui nous fait éprouver des ressentis.
* Il existe donc un "monde EXTERIEUR" à l'individu et un "monde INTERIEUR", et qui sont l'un et l'autre bien perçus et tout aussi réels... Ce monde intérieur représente une sensibilité particulière, une sorte de sixième sens...
QU'EN EST-IL DES ILLUSIONS, DES RÊVES ?
* Comment être certain que nous ne sommes pas trompés par les apparences.... En effet, la réalité peut nous paraître déformée, sans pour autant nous tromper... C'est une illusion d'optique et là, nous sommes pas dupes ! ... La raison, le raisonnement, la science nous démontrent que la réalité est réalité, même si elle est perçue "différemment". Nous savons par la raison, que le bâton est bien droit... On pourrait dire que le raisonnement "redresse" le bâton.
* La réalité est-elle objective ? La perception est-elle le reflet évident de la réalité extérieure ? L'interprétation que l'on fait est-elle subjective ?
* Rappelons que les numéros de magie ne sont, bien souvent que des tromperies habiles de la part des magiciens.
* L'illusion peut aussi nous entraîner vers le désenchantement : elle peut être décevante.
Voir, sentir, palper, goûter, entendre... consistent à recevoir une information... Percevoir, c'est lui attribuer un certain sens, une certaine valeur.
* Qu'elle est la part d'objectivité dans cette attribution ?
* Percevoir une chose, est-ce croire ou penser qu'elle existe ?
* En dormant, nous faisons des rêves, nous créons des rêves, (c'est tout de même une réalité)... mais le rêve est impalpable car il
s'évanouit facilement, et s'oublie souvent.
* Le voyage sur la Lune, longtemps une fiction, est maintenant
une réalité !
* Notre imagination nous entraîne dans un espace sans limite, celui de l'ART... C'est la création de romans de fiction, d'ouvrages d'art, de musique, de peinture, de poésie. Ce sont des réalités qui font rêver...
Tour d'horizon succinct de quelques philosophes.
POUR BERGSON :
" La perception est originairement dans les choses plutôt que dans l'esprit, hors de nous plutôt qi'en nous ". Mais la présence en soi, l'épreuve de soi, est la condition sur laquelle l'accès à la réalité ne serait pas. " La perception mesure notre action possible sur les choses et inversement, l'action possible des choses sur nous ".
-- On perçoit que ce qui nous intéresse, dans le cadre de l'action présente.
-- Donc, nous ne percevons qu'une infime partie de la réalité.
-- On en rapprochera la "loi de l'intérêt" de Pierre Jamet.
POUR BERKLEY :
" Être, c'est être perçu ". On ne peut pas savoir la réelle essence des choses, mais seulement les idées et les sensations que nous donnent les choses...
POUR DESCARTES (et MALLEBRANCHE) : "Je pense donc je suis".
Descartes assimile la perception à une pensée de l'intellect sur la perception sensorielle.
-- Les sens ne nous apportent aucune certitude. Ce que je perçois est médiatisé, pas mes sens...
-- En conséquence, suis-je sûr que ce que je perçois corresponde à la réalité ?
On peut douter de tout ce que l'on perçoit... seule la pensée amène la preuve de notre existence...
La sensation n'est qu'une impression... (par exemple : je dis l'eau est tiède, le sac est lourd lorsque quelqu'un d'autre trouvera l'eau froide et le sac léger)... La reconnaissance d'une chose est l'effet d'un acte et cet acte, immédiat, est le fait de la pensée (exemple du morceau de cire) : devant un morceau de cire à l'état solide, consistant et de la cire fondue qui s'étale en flaque coulante, c'est bien l'entendement qui indique qu'il s'agit d'un même objet ayant la même propriété.
POUR EINSTEIN :
Tout ce que nous connaissons de la réalité vient de l'expérience. Spontanément, pour nous, le réel est ce qui se voit , et aussi ce qui se touche. "La conscience réfléchie" nous fait alors revenir sur cette affirmation et pourrait nous faire appeler réel ce qui n'est qu'apparence.
POUR KANT :
Les sens ne trompent pas parce qu'ils ne jugent pas du tout.
Ce qui fait retomber l'erreur à la charge de l'entendement.
POUR PLATON :
Pour lui, c'est la réalité matérielle qu'il faut mettre en cause. Le monde physique, matériel, n'est qu'une apparence... Seules, les idées sont réelles car elles sont éternelles, tandis que la matière est corruptible. Ce qui est imparfait et qui meure, existe moins que ce qui est parfait et qui demeure. Les images ne sont que des copies qui sont elles-mêmes des copies imparfaites d'une réalité essentielle : "l'idée". (Allégorie de la caverne)
POUR SARTRE :
La perception n'est susceptible d'aucune connaissance intuitive : il donne l'exemple d'un tapis laineux, rouge, dont il ne voit qu'une face, même si sa conscience peut en prolonger l'imagination... et deviner le dessous du tapis.
POUR MERLEAU PONTY
"Sentir, c'est savoir que l'on sent et savoir, c'est percevoir".
C O N C L U S I O N
Que serait l'existence sans la perception des sens ? Si notre perception du réel est notre pain quotidien... le réel se réduit-il à ce que l'on perçoit ? Nous pouvons affirmer que la perception
n'est pas que sens et sensation : elle est aussi conscience, elle est capable d'aller au-delà du réel visible. Elle donne accès à d'autres connaissances. L'existence du vent est une certitude, bien qu'on ne le voit pas.
La science elle-même nous prouve le rôle de la perception d'une façon concrète, par l'utilisation d'instruments de mesure, examens de laboratoires, microscope... Microscope sera le mot-clé de ma conclusion, puisque son invention permet de prouver qu'il y a bien un réel "invisible".
Avant le microscope... la réalité se limitait à ce que les sens seuls nous permettaient de voir... Cet instrument étant de plus en plus sophistiqué, permet alors de voir de plus en plus petit... Aux microscopes on peut assimiler aussi les télescopes géants des observatoires permettant de voir de plus en plus loin... Ainsi les limites de la perception sont repoussées bien au-delà de notre "petit monde" et notre petit sphère.
Le Dr Semmelweis (avant Pasteur) a sacrifié sa vie (au sens propre du terme), pour prouver l'existence de "toutes petites bêtes, les microbes" auxquels la Faculté de Médecine refusait de croire...
parce qu'elle ne les voyait pas !
Pour conclure, l'ART ne constitue-t-il pas le moyen d'étendre le champ de nos perceptions... et n'est-il pas une réponse possible à notre question, puisqu'il nous invite à percevoir au-delà du réel et de percevoir le réel, autrement ?
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Une vérité peut-elle en contredire une autre ?
D E F I N I T I O N
Vérité : Caractère de ce qui est vrai. Adéquation entre la réalité et celui qui la pense.
Connaissance conforme à la réalité et aux faits tels qi'ils se sont passés.
La vérité devrait être évidente.
Le mot vérité entre dans de nombreuses expressions courantes :
* Dire à quelqu'un ses quatre vérités... c'est dire, sans détour, ce que l'on pense.
* A la vérité... il est vrai que.
* En vérité... assurément.
* Accent de vérité... sincérité. A priori, elle s'oppose dans ce cas, au mensonge et à la mauvaise foi.
* Oeuvre d'une grande vérité.
* Jurer de dire la vérité, toute la vérité.
* La vérité toute nue...
Mais il existe plusieurs vérités.
- Les vérités de faits :
* Verité logique qui implique la déduction.
* Vérité objective qui implique l'observation.
* Vérité mathématique : " Il n'y a rien de plus objectif que les maths. "
Gottleb Frege.
* On en rapproche les vétités universelles.
- La vérité de raison :
Vérité de conviction par la démonstration, qui implique le raisonnement.
D I S C U S S I O N
A priori la vérité est quelque chose d'incontestable, d'absolu donc qui ne doit pas pouvoir être contredite, qui est confirmé par l'observation, la connaissance... Mais tout cela à un temps donné.
Il ne faut pas confondre vérité et conviction... la vérité étant à priori un fait établi, tandis que la conviction est un sentiment.
C E P E N D A N T
On a vu dans un des derniers "cafés philo", qu'un général d'Alexandre avait remarqué qu'une même chose pouvait être vrai dans un pays, et ne pas l'être dans un autre... ce qui introduit le scepticisme.
Une vérité objective ou logique, peut l'être à une certaine époque, et avec le progrès de la science, être remis en question.
Pour nos ancêtres, la "Terre plate" était une vérité évidente ; ils en étaient convaincus.
On pourrait ainsi parler de vérité du moment et cette vérité-là peut être,
effectivement, contredite par une autre.
On ne peut pas passer sous silence, Arandello " A chacun sa vérité " ou M. Ponza qui prétend, avec de bons arguments, que sa belle-mère est folle et vice et versa... un des deux, forcément, est de mauvaise foi et ment.
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