

O D E S S A
par Chris Herdel de Holesowitz
1. Introduction
Odessa est une ville portuaire de la Mer Noire aujourd'hui en Ukraine. Elle fut fondée vers 1794 sur décret de Catherine II, Impératrice de Russie, sur l'emplacement d'un village tartare du nom de Hacibey.
Le premier réalisateur de cette fondation fut un Napolitain d'origine catalane, Josep de Ribas, amiral de la flotte impériale russe. Aussi, deux Français ont joué un rôle important au 19ième siècle. Pour leur bonne gouvernance, ils ont contribué à un développement important de la ville, surtout à base d'activités portuaires et des expositions.
Il s'agit d'abord d'Alexandre Louis Andrault, comte de Langeron (1763-1831) travaillant comme Josep de Ribas pour la Cour impériale russe - et du duc de Richelieu.
Langeron fait d'Odessa un port franc, ce qui augmente considérablement exploitations et revenus pour l'Etat russe. Entre autres, on exporte du blé à destination de Marseille.
Le duc de Richelieu devient gouverneur d'Odessa en 1803. Il favorisa l'installation d'immigrés allemands. Ainsi Odessa devint rapidement un chaudron de toutes les nations, religions et races : cohabitent Russes, Grecs, Allemands (il existe encore une église allemande de culte protestant), Arméniens et surtout beaucoup de Juifs, qui marquaient sa vie dans cette ville jusqu'à leur extermination en 1941 par l'armée roumaine.
Dans l'antiquité, la zone côtière autour d'Odessa était occupée par des villes grecques. En effet le musée archéologique en témoigne par de nombreuses pièces, attestant un haut niveau dans la fabrication d'objets usuels et d'art dès l'époque préhistorique.
Photo : Carte

2. Politique
La majorité des habitants d'Odessa est russophone, voire russophiles. Si bien que lors des élections en 2015, le maire pro-russe Trukhanov (ex-militaire, du Parti des Régions de Ianoukovich) a été élu avec 52% des voix. Certains médias prétendent qu'il possède plusieurs passeports et des firmes off-shore dans les British Virgin Islands. Mais est-ce vrai dans une Ukraine dominée par des castes d'oligarques à tous les niveaux : nationaux, régionaux et local ?
L'Ukraine n'est pas une démocratie. La société civile a du mal à percé. La corruption est omniprésente, et cela pour raison économique. Un professeur d'Université doit forcément passer par un financement parallèle, vu son salaire de 200 Euros/mois et vu d'un coût de la vie correspondant au 30% de celui de Paris. Donc, les étudiants sont obligés de payer pour avoir de bonnes notes et être admis aux examens.
C'est ainsi que forcément, des clans et des castes se forment en parallèles des structures de l'Etat. Ces castes ne sont pas contrôlable, ni par la Russie, ni maintenant par l"Ouest".
La dernière victime de ce régime est Saskachvili, un ex-président géorgien catapulté dans la région d'Odessa par la main des Américains. Non seulement il a été déchu de son poste récemment, mais aussi déchu de son passeport ukrainien par son ex-allié le président actuel Porochenko, lui-même milliardaire et producteur du chocolat Roshen.
Apparemment une autre victime du système oligarchique ukrainien est Natalie Jaresko, ex-ministre des finances, catapultée par les Américains pour régler la question de la dette ukrainienne tenue des des fonds américains. Ceux-ci ont eu droit à un rééchelonnement avantage grâce au support du FMI. Elle a été écartée du gouvernement en 2016, l'actuel premier ministre n'ayant pas fait appel à ses services. En ce moment, elle restructure l'économie de Puerto Rico... pour un salaire de 600 000 USD/annuel. Ainsi fonctionne la "globalisation".
L'Ukraine est complément incontrôlable, et le seul avantage obtenu par les protagonistes du libéralisme occidental est la prise du marché intérieur remplaçant les produits russes par ceux des firmes occidentales souvent de meilleure qualité, mais beaucoup moins chers et bien sûr favorisant le solde négatif de la balance commerciale ukrainienne.
Pour faire basculer l'Ukraine dans le camp occidental, la révolution du Maydan était nécessaire. Les photos montrent les activités des protestataires pro-UE, d'une violence inouïe. Le pays était bien en situation hors-constitutionnelle, voire de guerre civile qui perdure à l'est.
Il me semble clair que ces manifestations violentes n'ont pas été l'oeuvre de civils spontanés, mais de gens entraînés à la révolte. La très molle réaction de la part des autorités sous Janoukovich - qui à la fin a fui son pays - montre le vrai visage des Ukrainiens : des gens paisibles et non-violents.
Photos : Violence au Maydan - Exposition sur la place de la mairie à Odessa 2016.





3. Economie de marché
L'Ukraine est une addition de camps féodaux incontrôlable. Le seul avantage obtenu par les protagonistes du libéralisme occidental est le prix du marché intérieur en remplaçant les produits russes par ceux des firmes occidentales, souvent de meilleure qualité, mais beaucoup plus chers et bien sûr favorisant le solde négatif de la balance commerciale du pays. Ce déficit est pour mai 2017 de -440 millions de USD ( en comparaison : France = -5 milliards, Allemagne +22 milliards, source OCDE ).
Le pays exporte des matières premières, comme l'acier et des produits dérivés du pétrole, ainsi que du blé. L'armement est aussi un facteur majeur : en mai 2017 exportation pour 500 millions de USD. Son dernier partenaire était la Russie, un partenariat mis en question par le traité associatif proposé par la commission UE de Barroso.
La nourriture est ( encore ) excellente. Encore parce que déjà les premiers Supermarchés s'installent. En effet grâce à leur productivité et surtout grâce à l'inflation galopante, les gens sont poussés à consommer "cheap" et avarié. Alors que traditionnellement la nourriture était transportée en ville par des paysans qui produisaient "bio" à un prix dérisoire, il est clair que ni la vente incontrôlée ni la concurrence par la qualité est voulue par le régime pro-occidental de Porochenko. La "babicka" qui venait de son village en bus pour vendre 5 litres de lait de chèvres, 3 kilos de fromage de brebis et 4 kilos de fraises à un prix correct, devra augmenter ces prix et donc perdre un grand nombre de clients, ce qui l'amènera à une cession d'activité. Telle est la logique criminelle du libéralisme occidental. Résultat : les gens mangeront moins bien, payeront plus pour moins de qualité, et surtout donneront l'occasion aux importateurs de vendre des produits UE ou chinois : oeufs contaminés de Belgique, fraises traitées de Hollande au lieu des produits du jardin... L'importateur s'achètera une grosse Mercedes avec laquelle il affectera négativement la balance commerciale de son pays.
Photos :
Scènes de marché à Odessa.
Scènes de rue : la voiture occidentale fétiche du néo-ukrainien, nouveau riche.








4. Art et culture : Les musées d'Odessa
Une société d'abondance matérielle sera toujours portée vers le développement des idées et de l'art. Sauf en temps du matérialisme américanisé ! Ainsi Odessa, ville riche, s'est construit de belles institutions culturelles au 19 ième siècle qu'elle laisse à l'abandon sous le régime pseudo-libéral de Porochenko.
Aujourd'hui, en période de l'oligarchie mafieuse et barbaresque, les subventions pour ces institutions sont minimisés. Les artistes sont très mal payés. Néanmoins, leurs leurs activités perdurent malgré le régime actuel pro-occidental. En effet, le nouveau riche "occidentalisé" préfère acheter la Porsche au lieu de l'art. Probablement, les artistes vivaient mieux au temps du communisme qu'aujourd'hui. Néanmoins, il subsiste des formes d'art dans la ville : musique à l'opéra, arts plastiques dans les musées.
Voici quelques exemples :
Photo ange-gardien au musée des beaux arts.

- Le musée Est-Ouest : ce musée montre des objets d'art asiatique, bouddhistes et persans, en même temps que des oeuvres importantes de peintres européens. Il y a un Rubens de bonne qualité, un Christ et St Jean de de l'école de Duerer, et d'autres chefs d'oeuvre.
Photo : école de Duerer - Christ et St jean

- Le musée archéologique abrite des objets de la préhistoire et surtout d'importants témoignages de la période grecque.
Photos : Carte des villes grecques - Amphore


- Le musée des beaux arts (Odessa fine arts museum). On y trouve les représentants majeurs de l'école russe du 19 ième siècle : Ilya Repin, Vasily Surikov, Mikhail Krubel, Yvan Shishkin, Tatyana Onichenko... Les peintres rendent l'expérience humaine éternelle des pulsions, désirs et illusions. Ils contredisent la thèse des modernistes que la représentation de faits sociaux reste a priori sans force transcendante.
Egalement, on y verra des oeuvres précoces de Kandinsky avant la période paléo-testamentaire abstraite.
Photo : Surikov hiring a maid

- L'académie Grekov :
A été fondé en 1865. Elle est la plus vieille académie des beaux arts en Russie. Nombre de peintres importants y sont passés, comme par exemple Kandinsky.
Photo : oeuvre précoce de Kandinsky. (voir ci-dessus)
- Le musée d'art moderne et contemporain est un musée financé par un juif de l'oligarchie. On y présente des oeuvres en compatibilité avec la scène occidentale : art abstrait, mais plutôt art paradoxal kabbalistique ou Burkinien.
Photo : la collection Soros

5. La plage de Langeron
Odessa est encore "populaire", réelle. Elle n'est pas (encore) vide de sa population indigène comme l'est Paris ou d'autres centres de Bobos en Europe. Les plages le reflètent. Il y a peu d'hôtels et ceux-ci sont relativement chers. La plage et la ville "appartiennent" encore à leurs habitants et ainsi on voir sur la plage "Monsieur-Tout-le-monde". Mais déjà maintenant les choses commencent à changer avec l'inflation et les bas salaires pratiqués.
Les habitants sont de vrais sportifs. On les voit dans l'eau à 6 heures du matin, jeunes et vieux, se consacrant à une véritable "culture physique". On y voit s'entraîner des boxeurs, des lutteurs, des coureurs, des haltérophiles. Peu de gens fument et peu s'enivrent.
La plage de Langeron est près du centre, à 2 km environ. Elle est propre, bien entretenue. La mer y est rafraîchissante, surtout avant les chaleurs de l'été, fin mai ou début juin.








Depuis, Volodymyr Zelensky a été élu Président avec une très confortable majorité...